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La frustration – Episode 2

Cher journal,

Aujourd’hui je viens te parler de frustration. Ces 3 dernières semaines ont été compliquées. Mon poignet droit s’est bloqué. Pour qui, pour quoi ? On n’en sait rien et surtout on n’a pas compris puisqu’il s’est bloqué d’une manière totalement illogique.

(Me connaissant, ça ne devrait plus nous étonner, les trucs illogiques sont l’histoiiiiiire de ma vie… Pardon, je me recentre sur ce que j’ai à te dire.)

Donc. Tu imagines bien qu’un poignet droit bloqué quand on est droitière et que son métier est de dessiner et peindre, ça devient compliqué. Et comme on ne comprend pas, on n’arrive pas à me soulager.

La seule explication qu’on est trouvée, c’est le bruit des travaux le wend précédent. Ah oui, je ne t’ai pas dit, l’appartement est en travaux depuis 6 mois maintenant, les galères se sont enchainées et du coup le retard avec. Bref. Je te disais que ce fameux wend, le bruit a été absolument horrible entre les coups de marteaux, la visseuse, la machine pour couper le carrelage, les portes qui claquent, les portes qui claquent et… les portes qui claquent. Il faut quand même que tu saches une chose cher journal, c’est que j’entends les bruits multipliés par 10 par rapport à tout un chacun. Autant te dire que cette journée où le bruit a été non-stop de 10h à 18h30 a été horrible. J’ai été au bord du malaise dans l’après-midi et je me suis crispée. Beaucoup. Trop.

Mon kiné et moi nous sommes donc mis d’accord pour que je mette mon poignet au repos et que je ne fasse rien jusqu’à son retour à la séance suivante, soit quelques jours plus tard. On avait espoir qu’en ne faisait rien et le calme étant présent en semaine, ça fasse avancer le schmilblick. Petits innocents avons-nous été ! Un soulagement ? La bonne blague… Que nenni ! Mon kiné est revenu et nous en étions toujours au même point. Et je te promets que je n’ai rien fait et que j’ai été raisonnable.

Bon, nous voilà bien avancé avec tout ça ! Plus d’une semaine que je n’ai pas touché ni à mes pinceaux, ni à mes crayons, ni à mes stylos et je ne pouvais même pas taper sur mon clavier d’ordinateur ni cliquer sur ma souris. N’ayant pas un sommeil réparateur, j’en ai profité pour me reposer. Plus de deux semaines après, je te le donne dans le mille, nous n’en sommes plus à un mais bien à deux poignets bloqués pour une raison totalement obscure et de manière clairement illogique. Et presque trois semaines plus tard, toujours au même point !

(Et avec le sourire svp !… Enfin presque)

Pourquoi je te raconte tout ça ? Et bien, parce que tu imagines bien que ça a mis totalement en pause mon travail. 2 jours, 5 jours, une semaine, ça va mais à plus de deux semaines, c’est devenu très frustrant. J’avais envie de travailler, j’avais besoin de travailler, je commençais de nouveaux projets et surtout mon travail et mes pinceaux commençaient à me manquer cruellement. Mon kiné le sachant, il m’a dit d’essayer de reprendre doucement, raisonnablement, sans passer dans une douleur insupportable. On ne sait jamais… Mais surtout, c’était avant tout pour mon moral car oui, j’ai fini par craquer.

Dans ma bulle pour supporter cette frustration

Cette histoire m’a fait me rendre compte d’une chose : mes crayons et pinceaux sont réellement devenus le prolongement de mon bras. Alors en être privée pendant plus de 2 semaines, j’ai eu l’impression d’être amputée d’une partie de moi. Et surtout je crois que j’ai eu peur. J’ai eu peur parce que la maladie m’a déjà volé tant de choses : la danse, l’humanitaire, mes études, mon autonomie, etc… et j’ai eu peur qu’elle me vole aussi l’illustration. Mais comme il en est hors de question, je me suis mise un peu dans ma bulle. Seule. Avec ma musique dans les oreilles.

(C’est mon remède infaillible quand ça ne va plus)

Et puis, s’est passé, le moral est revenu, la peur s’est éloignée, je m’en remets doucement et le combat continue.  

Si je te raconte tout ça, c’est aussi parce que la frustration fait parti du jeu pour moi. Jongler entre travail, maladies et handicap amène forcément des frustrations. Plus ou moins importantes, plus ou moins présentes, et plus ou moins violentes mais elles sont là. Je peux être à fond dans un projet, bien partie et du jour au lendemain devoir tout stopper pour un temps indéterminé car ma santé fait des siennes. D’une seule journée à plusieurs semaines, tout peut être mis en pause de manière totalement imprévue.

En réalité, cette frustration, elle n’est pas toujours simple à gérer à vrai dire. Et cette fois-ci, elle ne l’a pas été du tout. Je suis entrain de lancer plusieurs projets en parallèle.

(Je ne fais pas de focus sur un seul projet mais je t’expliquerai pourquoi une autre fois.)

Ces projets me passionnent et viennent du cœur. J’aime mon métier qui est aussi ma passion. Et surtout là, ça touche à mon principal outil de travail : le poignet. J’ai passé mes journées à réfléchir, à me reposer, à ne rien faire alors que ce n’est pas vraiment mon genre.

Totalement à l’arrêt, c’est bien évidemment là où j’ai eu plein d’idées de projets, de produits, d’illustrations ou de choses que je pouvais mettre en place assez rapidement. Autant dire, que je sortais à ma coloc’ à peu près une idée par jour (au moins). Sauf que. Sauf qu’avec une santé et des journées aussi aléatoires, tout prend beaucoup plus de temps et surtout, même si c’est un « petit » truc, je ne peux pas le faire si j’ai déjà plusieurs choses en parallèle ou si je suis à l’arrêt forcé.

Alors ces idées, je les ai notées et j’espère qu’elles vont m’attendre le temps qu’il faudra. Si ce n’est pas le cas, alors ce n’est pas grave, il y en aura d’autres. Mais oui, c’est un tantinet… frustrant ?

 Espérer que les idées m'attendent malgré  cette frustration qui m'envahit

Depuis le début, je profite des moments où je peux travailler pour travailler et le reste du temps je me repose. C’est le deal que j’ai fait de moi à moi quand j’ai ouvert mon entreprise et surtout je me suis fait la promesse de ne pas oublier ma santé. Et j’y arrive parfois de manière un peu équilibriste mais j’y arrive. Je savais qu’il y aurait de la frustration. Il y a en a eu, il y en a et il y en aura encore d’autre. C’est juste que quand ça s’étale sur la longueur ainsi et qu’on ne trouve aucune solution, parfois je boue. Il faut dire que mes pinceaux et mes crayons me manquaient tellement… Ils étaient à côté de moi.En effet, je les voyais absolument tous les jours (on n’a pas 40 pièces donc bon…) et tout ce que je pouvais faire, c’était les regarder.

Tu sais, cher journal, la frustration fait partie de la vie et parfois elle est nécessaire, mais d’autres fois elle un peu plus compliquée à accueillir. Ce n’est pas forcément l’amie qu’on a envie d’avoir en permanence avec soi à vrai dire mais pour moi elle fait partie de toutes les cartes avec lesquelles je dois composer très régulièrement. Et oui, des fois je fatigue. Je fatigue mais mon sourire, ma joie, mon espérance et mon amour pour la Vie me rappellent qu’elle n’est que passagère et que le meilleur moyen de la surmonter est de l’aimer aussi fort et aussi bien que je le peux. La frustration fait partie du trésor qu’est la vie. De ma vie. De mon trésor. Alors autant en faire une alliée non ?

Allez, je m’en vais retrouver cette partie de moi. Enfin, essayer. Si mes poignets sont d’accord. Ou à peu près. Sinon, j’irai aimer de tout mon être cette frustration. Ou au moins faire de mon mieux.

A bientôt, cher journal,

Avec tout mon amour,

« Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant. »

Sainte Bernadette

Si vous voulez en lire davantage, vous pouvez retrouver le 1er épisode du Journal (presque) intime d’une illustratrice pas tout à fait comme les autres ici.

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